Emmanuel Macron ne se rendra pas à Kigali le 7 avril prochain pour la 25e commémoration du génocide rwandais. Le président français sera représenté sur place par Hervé Berville, un jeune député de 29 ans, natif de Kigali. Orphelin, ce dernier a été adopté en 1994, à l’âge de 4 ans, par une famille française qui réside en Bretagne.

Emmanuel Macron a beau avoir entrepris un véritable rapprochement avec les autorités rwandaises, en conviant notamment Paul Kagame à l’Elysée en mai dernier et en militant pour la candidature de Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), pas question néanmoins pour lui d’aller trop vite en besogne. L’histoire récente a montré que les rapports diplomatiques entre les deux pays pouvaient changer du tout au tout en un rien de temps. Et même si la justice française a prononcé un non-lieu dans l’affaire de l’attentat contre l’ancien président Habyarimana, innocentant plusieurs proches du président Kagame, le dossier n’est pas encore clos.

L’Elysée préfère donc prendre son temps et ne pas prendre le risque de s’exposer à la critique publique. Le rôle ambigu de la France dans le génocide rwandais est loin d’être oublié. En témoignent ces propos du ministre rwandais de la Justice au mois de janvier dans Jeune Afrique : « Bisesero n’est pas un accident », accusait-il en référence au soutien très tardif apporté par les soldats français de l’opération Turquoise aux Tutsis cachés là-bas.

Pour le représenter aux commémorations, le président français n’a finalement pas opté pour un de ses ministres mais plus modestement pour un député, Hervé Berville. Orphelin tutsi, né à Kigali, son histoire personnelle est associée au génocide. Une partie de sa famille a en effet été massacrée en 1994.

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