Les tensions régionales dans la région des Grands Lacs atteignent un niveau alarmant. Les deux pays voisins que sont le Rwanda et l’Ouganda ont ouvertement haussé le ton au cours des dernières semaines. C’est une situation inhabituelle, les deux présidents préférant généralement régler leurs différends à huis clos.

L’Ouganda affirme que le Rwanda infiltre ses services de sécurité et espionne la sécurité de l’État ougandais. Le Rwanda, à son tour, accuse l’Ouganda de soutenir les rebelles anti-rwandais. Le Rwanda déclare également que l’Ouganda torture des ressortissants rwandais, tandis que l’Ouganda accuse le Rwanda d’assassiner des dissidents rwandais sur son territoire.

Début mars, le Rwanda a fermé une partie de sa frontière avec l’Ouganda en réponse à l’expulsion par l’Ouganda d’une quarantaine de Rwandais soupçonnés d’avoir espionné l’État ougandais. Le Rwanda a également mis en garde ses citoyens contre les déplacements en Ouganda, affirmant qu’ils risquaient d’être arrêtés ou harcelés.

Lors de la semaine qui a suivi, le président Kagame a lancé un avertissement au président ougandais Yoweri Museveni : « Vous pouvez tenter de déstabiliser notre pays, vous pouvez nous faire du mal, vous pouvez tirer sur moi et me tuer. Mais il y a une chose que personne ne peut faire – me forcer à me mettre à genoux. »

Il est difficile de déterminer précisément ce qui a fait dégénérer la situation. Mais les deux pays sont conscients qu’une guerre ouverte serait une catastrophe pour les populations, la stabilité dans les Grands Lacs et le développement économique de l’Afrique de l’Est.

PARTAGER