Le gouvernement rwandais a retiré son appel contre l’acquittement de la femme politique dissidente Diane Rwigara, jugée pour incitation à l’insurrection et à la falsification, ont annoncé mercredi des procureurs.

Rwigara a été déclaré non coupable le mois dernier à l’issue du procès très médiatisé qui avait mis en lumière la répression exercée sur l’opposition dans ce pays d’Afrique de l’Est.

Les procureurs avaient fait appel de l’acquittement, mais la semaine dernière, le ministère de la Justice leur avait ordonné de ne pas l’accepter.

«Nous avons reçu une injonction du ministère de la justice et procureur général de retirer l’appel. Il s’agit d’une injonction constitutionnelle et le ministre a le pouvoir de rendre cette ordonnance. Nous avons donc écrit au tribunal pour retirer l’appel », a déclaré à l’AFP Faustin Nkusi, porte-parole de l’Autorité nationale des poursuites pénales.

Rwigara est la fille d’Assinapol Rwigara, un industriel qui, dans les années 1990, était l’un des principaux donateurs du parti au pouvoir, le Front patriotique rwandais (FPR) au pouvoir, avant de se brouiller avec ses dirigeants.

Elle est devenue une voix de critique inhabituelle au Rwanda, un pays très serré, en prévision de l’élection présidentielle du pays en août 2017.

Sa candidature au scrutin a été refusée au motif qu’elle aurait contrefait les signatures des partisans de sa candidature.

Elle a été arrêtée en septembre dernier et inculpée de falsification et d’incitation à l’insurrection pour avoir critiqué le gouvernement et le président Paul Kagame à l’approche du vote.

Après avoir passé plus d’un an en prison, elle et sa mère ont été libérées sous caution en octobre et acquittées le 6 décembre.

Leur acquittement a eu lieu à un moment où le gouvernement rwandais était soumis à une immense pression internationale, alors que plusieurs législateurs américains et des organisations comme Amnesty International avaient appelé à leur libération.

Kagame a été félicité pour avoir placé le Rwanda sur la voie de la transformation économique après le génocide de 1994 qui a dévasté le minuscule pays d’Afrique de l’Est.

Mais il fait régulièrement l’objet de critiques concernant les violations des droits de l’homme dans son pays et l’intolérance de l’opposition.

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