Élections RDC : L’Afrique du Sud, autrefois un allié essentiel de la démocratie congolaise, adopte une approche attentiste.

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L’annonce très attendue des résultats de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo a été reportée, le gouvernement et l’opposition s’accusant d’actes répréhensibles.

Le président Cyril Ramaphosa a passé la majeure partie de ses onze premiers mois à ébranler le gouvernement, mais dans la politique étrangère, la situation est restée la même. L’Afrique du Sud semble avoir pris le parti de la Chine et de la Russie lors de la première réunion de son mandat actuel en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, anéantissant ainsi l’espoir de certaines puissances occidentales que l’une des plus fortes démocraties de l’Afrique puisse être un allié précieux.

La réunion au lendemain des élections en République démocratique du Congo, au siège de l’ONU à New York le 4 janvier 2019, s’est déroulée à huis clos. La France a appelé à la réunion alors que la société civile congolaise et l’opposition, ainsi que certaines puissances étrangères, craignaient qu’un retard dans l’annonce des résultats pourrait affecter la légitimité du nouveau gouvernement et susciter des tensions similaires à celles qui ont suivi les élections de 2006 et 2011.

Selon un rapport de l’agence Reuters, le Conseil de sécurité était divisé en deux suite à la publication d’une déclaration après la réunion de vendredi. Il aurait reconnu que les élections en RDC avaient permis à la population d’exercer son droit démocratique et qu’il avait appelé au calme, tout en reprochant au gouvernement de couper l’accès à Internet et aux médias tels que la radio publique française RFI après les élections place le 30 décembre.
Les partisans de la déclaration comprenaient les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Côte d’Ivoire et la Belgique. Parmi les opposants figurent l’Afrique du Sud, qui a déclaré que la déclaration pourrait «enflammer» les gens avant les résultats, la Russie, qui a dit qu’il s’agissait d’une tentative d’infiltration de l’opinion publique, et la Chine, qui a «salué la manière dont les élections ont été organisées», selon à un rapport sur la réunion.

L’ambassadeur d’Afrique du Sud auprès de l’ONU, Jerry Matjila, n’a pas réagi à une demande de commentaire, mais dans une vidéo postée sur Twitter par la directrice adjointe pour la région Afrique de Human Rights Watch, Ida Sawyer, Matjila a déclaré après la réunion que l’Afrique du Sud attendrait les responsables des élections à annoncer ».
Il a ajouté que ceux qui « pourraient avoir le sentiment contraire » pourraient suivre les processus disponibles après l’annonce pour faire objection. Il a ajouté que tous les candidats avaient été préalablement convoqués par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour signer un code de conduite, qui prévoyait notamment « un code permettant aux élections libres et équitables, deux de respecter les résultats des élections, trois, de ne pas enflammer les passions en RDC, [et] quatre, à respecter la constitution de la RDC ».

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