BENI, République Démocratique du Congo – Assis dans un minuscule bureau en béton dans l’est du Congo, Jean Baptiste Kavunga a ouvert son ordinateur portable et feuilleté un diaporama de corps mutilés. « J’ai pris cette vidéo en pleurant », a-t-il dit en me montrant une photo de cadavres calcinés, « ils ont incendié cette maison avec les civils à l’intérieur ».

Il parcourut des images d’adultes avec la tête ouverte. «Ils pourraient tuer des gens avec une machette… ou ils pourraient se trancher la gorge.» Une photo montre au moins neuf enfants au premier plan, non ensanglantés comme les adultes mais clairement sans vie. Ils avaient été massacrés à mort.
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La pluie se déversait si fort sur le toit de tôle ondulée au-dessus de nos têtes que nous pouvions à peine nous entendre, et un mince rideau blanc a claqué dans le vent. C’était la seule chose protégeant Jean Baptiste et son directeur, Jean Paul Ngahangondi. groupes dont ils traquent la violence et qui ne réfléchiraient pas à deux fois avant de les tuer.

Jean Paul et Jean Baptiste sont tout le personnel de la Convention pour le respect des droits de l’homme (CRDH). Avec quelques volontaires, ils opèrent dans le Nord-Kivu, dans l’est du Congo, à la limite d’une zone connue sous le nom de «triangle de la mort».

En cas de massacre, Jean Baptiste emprunte une moto et se rend sur le site, enregistrant autant de preuves que possible. C’est un effort héroïque, non seulement parce qu’ils sont si vulnérables, mais parce qu’il semble que peu importe les preuves, personne n’écoute.

Dernièrement, le travail de la paire s’est concentré sur les Forces démocratiques alliées (ADF), l’un des groupes terroristes les moins connus mais les plus vicieux de la région.

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