Elikya Mbokolo justifie son ralliement au Front Commun pour le Congo. Il explique pourquoi il récuse le camp de l’opposition et évoque ses distances avec l’Eglise catholique.
1ère partie.

Vous avez choisi votre camp.

Quand on choisit un camp, ça veut dire on refuse l’autre camp. L’autre camp ? Moi, je le récuse parce que je ne suis pas d’accord avec eux, le camp dit de l’opposition. Je n’ai rien contre l’homme mais, qu’ai-je à faire avec quelqu’un qui a pris les armes contre son pays. Je vais dire le chef du MLC qui en entrant à Kinshasa lors des premières élections est entré avec des armes. Ses soldats ont pillé des choses sur la route. Arrivés à l’église de Sony Kafuta, ils ont pillé cette église, violer des femmes. On pense qu’Elikya peut soutenir des gens comme ça ? Je dis non. Il y a des gens qui sont là-dedans et ont de l’argent. Ils pensent que comme ils ont de l’argent ils peuvent devenir Président de la République. Ce n’est pas comme ça !

Vous parlez de Katumbi ?

Par exemple ! D’où vient cet argent ? Un homme d’Etat lorsqu’il s’engage à être président de la République doit faire une déclaration des ses revenus. Il y a un autre qui vient de l’Angola, avec de l’argent. Son argent à lui et celui de sa femme. D’où ça vient ? Si c’est de l’argent emprunté, c’est-à-dire qu’il faudra le rembourser un jour. Donc ça sera de l’argent du Congo qui sera utilisé pour rembourser. C’est de gens qui ne disent rien. Sinon regardez-moi, je suis riche. Je suis fort. Je veux diriger le pays.

Il y a aussi l’UDPS, l’UNC et la Dynamique de l’Opposition.

Oui, l’UDPS ? On sait qu’ils sont moribonds. L’actuel chef du gouvernement, il vient de l’UDPS. Quant à Félix Tshisekedi, je n’ai rien contre lui, sauf que je voudrais lui demander : A l’âge qu’il a qu’est-ce qu’il a fait comme travail pour solliciter un poste au sommet de l’Etat ? On ne devient pas un président de la République comme ça ! Les gens parlent de Macron, mais on sait les études que Macron a faites, on sait le travail qu’il a fait pour être là. Nous avons ici des gens qui n’ont jamais travaillé de leur vie et je vais être président de la République parce que je suis le fils, le cousin, le neveu de, j’ai des milliards dans mon compte. Ça ne se passe pas comme ça.

L’alternance ne peut se faire que sous l’autorité de Joseph Kabila ?

Le FCC n’est pas le camp Kabila. Il en est l’autorité morale, mais c’est nous qui allons faire le programme. L’autorité morale ne fait pas le programme (…). C’est Kabila qui a travaillé aux rencontres depuis je ne sais pas combien d’années aux différentes concertations. C’est une pratique à laquelle il est habitué.
L’alternance va se faire sous l’autorité d’un candidat qui aura avalisé le programme du FCC et qui recevra le soutien du FCC. Les gens spéculent. C’est le FCC qui fera le programme du candidat de la République, c’est le FCC qui fera le programme du gouvernement qui sortira de là.

Le FCC, c’est l’initiative de Kabila.
Si vous pensez que c’est l’initiative de Kabila alors…
C’est dit dans le compte rendu ministériel signé par le ministre Mende.
Alors je ne suis pas d’accord avec l’expression de Mende parce que l’expression de la charte, c’est dit que c’est sous l’autorité morale et politique du chef de l’Etat. Je vous rappelle que depuis les guerres que nous faisons, la personne qui a réuni les congolais autour d’un projet commun, d’abord les concertations nationales, ensuite les différents dialogues, c’est Kabila. Moi, Kabila, je ne le connais pas. Je ne l’ai jamais rencontré. Lorsque sur votre route, vous rencontrez quelqu’un, un congolais qui a le pouvoir et qui vous dit : chers amis, travaillons ensemble pour que le Congo ne se divise pas. Ce pays est fragile. Il est convoité de partout. Si on ne fait pas attention, ce pays va cesser d’exister. L’un des ambassadeurs américains dans ce pays m’a dit : “vous congolais vous parlez tout le temps. Vous êtes des nuls. Nous vous rappelons que les indiens d’Amérique, nous les avons assassinés et personne ne dit rien. Si on est là : moi, j’ai une armée de 10.000 hommes. Ces armes viennent d’où ? Et si on n’est pas d’accord avec moi, je vais entrer dans la forêt et faire la guerre”.

N’est-ce pas le bilan du camp au pouvoir ?

Moi, je n’assume pas ce bilan. Je n’ai jamais été au gouvernement.

Mais vous le défendez quand-même…

Je ne le défends pas ! Bon sang ! Combien de fois je dois vous le dire ? Je suis en train d’élaborer une charte nouvelle pour une future majorité.

Avec les personnes qui ont contribué à avoir ce bilan.

Avec des personnes. Pourquoi je ne serai pas avec eux. Pourquoi je serai obligé d’être avec des voleurs ?

Vous ne serez pas avec eux parce qu’ils ont le bilan qu’ils ont.

Ecoutez ! Ils ont contribué à avoir ce bilan, mais aujourd’hui la question, ce n’est pas seulement la question du bilan. La question est celle de la politique que nous attendons suivre. Et je rappelle que jusqu’à nouvel ordre, je suis libre. Je suis libre. Je n’ai pas à justifier ma position face à qui que ce soit. Au nom de quoi on me demanderait que moi je vous justifie ma position. Est-ce que je vous demande ce que vous pensez ?

Est-ce que vous comprenez que beaucoup de gens soient déçus de votre actuel positionnement ?

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