Le géant des matières premières doit fournir des documents liés à ses activités au Nigeria, en RDC et au Venezuela, en lien avec le respect des lois sur la corruption et le blanchiment d’argent.
Les ennuis s’accumulent à nouveau pour le géant de la mine et du négoce de matières premières Glencore.

Le ministère américain de la justice a ordonné au groupe de lui transmettre des documents et d’autres éléments en lien avec le respect des lois sur les pratiques de corruption à l’étranger et le blanchiment d’argent. Les autorités s’intéressent aux activités de Glencore au Nigeria, en République démocratique du Congo (RDC) et au Venezuela et veulent étudier les dossiers remontant jusqu’à 2007.

Glencore a fait part lui-même de cette assignation reçue le 2 juillet. Dans un communiqué, le groupe suisse indique être en train de l’examiner et « donnera davantage d’informations en temps voulu comme il convient ».

A la Bourse de Londres où Glencore est coté, l’annonce a glacé les investisseurs. L’action a plongé de 13 % au plus fort de la séance – du jamais vu depuis deux ans -, et se retrouve au plus bas depuis juillet 2017.

Des ennuis en série au Congo
L’enquête de la justice américaine « paraît de grande ampleur », estime Christopher LaFemina, analyste chez Jefferies. « La société pourrait aussi faire l’objet d’une enquête des autorités britanniques sur des soupçons de corruption concernant ses activités en RDC », rappelle-t-il. Pour le spécialiste, le risque qui pèse sur Glencore, en particulier le risque géopolitique, est désormais plus élevé. « Même si, au final, aucune charge n’était retenue contre l’entreprise », dit-il.

En attendant, pour Christopher LaFemina, « jusqu’à ce que l’affaire soit résolue, les investisseurs vont probablement supposer que Glencore aura une lourde amende à payer. »

En RDC, le groupe gère deux mines gigantesques qui en font un des plus gros extracteurs de cuivre et de cobalt. Au cours des derniers mois, la société dirigée par Ivan Glasenberg a fait face à un certain nombre de problèmes au Congo. Il y a d’abord eu la révision du code minier, désormais moins avantageux pour les producteurs internationaux qui opèrent sur place.

En juin, pour préserver ces précieux actifs congolais, Glencore a mis fin à un conflit juridique qui l’opposait à la société minière d’Etat Gécamines, en acceptant un plan de restructuration de 5,6 milliards de dollars pour une entreprise commune. Quelques jours plus tard, le groupe a accepté de recommencer à verser des royalties à l’un de ses anciens partenaires de longue date dans le pays, Dan Gertler… Un homme d’affaires placé depuis décembre sur la liste noire des Etats-Unis.

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