Dans un long message à l’occasion du 30 juin, Dr. Denis Mukwege donne sa position notamment par rapport au processus démocratique en RDC. Il accuse par exemple les “gouvernants de Kinshasa d’avoir pris le pouvoir par force.

“L’article 64 de notre constitution nous convie tous à s’opposer à toute prise de pouvoir par la force et de lutter pour notre libération. Celle-ci ne se fera ni par nos voisins ni par nos amis lointains et encore moins par la communauté internationale, c’est par nous-même. Aucun peuple n’a jamais été libéré par un autre. L’histoire de MPLA en Angola est assez éloquente. Et aujourd’hui l’Angola va bien; mieux que le Congo”, dit-il.

Pour lui, la solution n’est donc pas les élections de décembre 2018.

“La solution n’est pas donc les élections dont on sait d’avance qu’elles seront falsifiées. La solution c’est plutôt de lutter pacifiquement pour la libération totale de notre pays. Après cela viendra le temps des élections libres, crédibles et transparentes”, ajoute t-il.

Après une autopsie de la situation du pays depuis l’accession à l’indépendance à travers laquelle il déplore une diplomatie au service des individus, une armée qui s’est retournée contre son peuple, une justice qui n’existe que de nom, Mukwege lance également un message d’espoir.

“Rêvons ensemble de l’avènement du jour où avec nos pères de l’indépendance nous pouvons nous réjouir d’être enfin libres; rêvons ensemble de l’avènement du jour où nous retrouverons notre grandeur ; rêvons ensemble le jour où notre humiliation prendra fin. En ce jour-là nous apporterons notre contribution pour la prospérité tant régionale qu’internationale. Sans l’esprit de revanche nous travaillerons au bien commun de toutes les régions qui nous entourent. Et alors seulement nous laverons l’affront que nous avons fait subir à nos pères que nous avons trahis”.

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