Dans une correspondance d’accusé de réception avec référence N/Réf : 514/CAB/MIN/EDD/AAN/MBL/03/2018, datée du 08 Juin 2018 adressée à monsieur LIUMINHENG, Directeur de Tianjin Junheng International Trade Corporation, Ltd en Chine, dont copie réservée au Directeur Général de l’institut Congolais pour la conservation de la nature (ICCN), et Monsieur WANG ZHIPENG, Directeur exécutif de la société les OKAPI Sarl, le ministre congolais de l’Environnement et Conservation de la Nature, Amy AMBATOBE NYONGOLO, a instruit le DG de l’ICCN de prendre toutes les dispositions en vue de préparer l’exportation des certaines espèces animales aux fins des échanges entre les Zoos chinois (zoo de Taiyuan et celui de Anji Zhongnan) et l’ICCN. Il s’agit des espèces ci-après pour chaque Zoo chinois : 6 espèces de gorille pour deux zoos ; 8 espèces de bonobos ; 8 espèces de lamantins ; 10 Okapis pour deux zoos.

Les agents de ce Ministère révoltés par cette transaction soupçonneuse, l’ont fait savoir, pour dénoncer ce qu’ils qualifient de braconnage moderne. Ces agents font remarquer que dans cet « échange » dont parle le ministre dans sa lettre, seule la RDC offre ses espèces et nulle part dans la correspondance le ministre ne mentionne ce que la RDC reçoit des zoos chinois. Aussi, s’agissant de ces espèces protégées, leurs exportations devraient faire l’objet d’une commission interministérielle et non d’une simple décision du ministre de tutelle.

Interrogé à ce sujet, un expert de WWF soutient que le RDC et la Chine n’ayant pas le même écosystème, ces espèces sont vouées à une mort certaine une fois arrivées en Chine. Dans ses propos, le zootechnicien s’étonne que le ministre de l’environnement ne sache pas que l’Okapi par exemple, ne peut vivre en d’autres milieux que chez lui en Ituri et plus précisément dans la forêt d’Epulu. Ainsi donc, en demandant au DG de l’ICCN qui le lit en copie de prendre toutes les dispositions utiles pour l’aboutissement heureux de ce dossier, le ministre donne au fait son accord au DG de pouvoir retirer de nos réserves naturelles ces espèces de faunes protégés et de les échanger en Chine sans contre partie.

L’opinion est en droit de se demander si c’est cela conserver la nature ? La Présidence de la République, l’Assemblée nationale, la Primature, le Ministre du commerce extérieur et tous ceux qui sont concernés dans ce dossier devront aider à ce que les Congolais voient clair dans ce court métrage dont le metteur en scène n’est autre que le ministre de l’environnement et conservation de la nature. Dossier à suivre.

PARTAGER