Le verdict du procès du sénateur Jean-Pierre Bemba est attendu le 8 juin prochain. Avant le jour-j, la lettre de l’ancien diplomate américain Herman Cohen adressée à la Cour pénale internationale (CPI) captive l’attention des médias congolais parus jeudi 31 mai.

« Je vous écris en ma qualité d’ancien diplomate américain aux affaires africaines. J’ai suffisamment travaillé durant ma carrière sur la RDC et j’ai pu travailler avec la plupart de leaders politiques congolais dont Monsieur Jean-Pierre Bemba. Je crois que le procès Bemba a porté sur les crimes commis en RCA et le verdict rendu en son temps me parait également correct. Mais le verdict final qui sera rendu le 08 juin prochain doit être considéré comme étant une fin de la punition qui lui a été infligée quant à ce, et qu’il devrait enfin recouvrer sa liberté en vue d’assumer son leadership politique en ce moment où la RDC traverse une crise politique qui ne dit pas son nom».

Dans sa letter lue par Le Phare, Herman Cohen estime que Jean-Pierre Bemba « est reconnu coupable de négligence, pour n’avoir pas pu, à temps, prendre des dispositions en vue de contrôler ses troupes engagées dans le théâtre des opérations en Centrafrique ».

« Ce qui paraît une erreur grave. Mais il n’est pas prouvé, au-delà de tout doute raisonnable de sa responsabilité personnelle dans la commission des crimes ou d’avoir eu de contrôle effectif sur les troupes engagées au front », écrit-il.

“Verdict du 8 juin prochain. Bemba : libération ou prison ?”, s’interroge La Prospérité. En analysant le contenu de la lettre, cela est possible, estime le quotidien qui résume cette missive en un appel de Cohen à Fatou Bensouda : « Libérez Bemba, la RDC a besoin de lui ».

Pour M. Cohen, Jean-Pierre Bemba a un rôle évident à jouer dans cette période préélectorale avec un gouvernement en place qui, à son avis, entend tout faire pour « pourrir » les élections.

« Il est demeuré suffisamment longtemps derrière les barreaux », écrit l’Américain dont les propos sont repris par La Prospérité. Pour le tabloïd, le retour du dossier Bemba au-devant de la scène à moins de six mois de la tenue des élections en RDC, toujours annoncées pour le 23 décembre, rebattrait évidemment les cartes.

L’homme n’a rien perdu de son aura dans l’ouest du pays et même si sa condamnation doit l’empêcher de se présenter à la magistrature suprême, sa seule libération en ferait une pièce maîtresse sur l’échiquier politique.

Emprisonné depuis plus de 10 ans à La Haye, Bemba a été reconnu coupable de deux chefs de crimes contre l’humanité (meurtre et viol) et de trois chefs de crimes de guerre (meurtre, viol et pillage). Ces crimes ont été commis lors de l’opération menée en République centrafricaine du 26 octobre 2002 ou vers cette date jusqu’au 15 mars 2003 par un contingent du Mouvement de Libération du Congo (MLC). Il a été condamné en première instance à une peine de 18 ans de prison.

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