Après trois jours de rencontres avec le pape au Vatican, 34 évêques chiliens lui ont remis, vendredi, leur démission dans le contexte d’un vaste scandale de pédophilie au Chili.
La conférence épiscopale chilienne a annoncé, vendredi, que les 34 évêques, présents au Vatican depuis trois jours, avaient remis leur démission au pape François, dans le contexte d’un rapport concernant un scandale de pédophilie au Chili.

« Nous, tous les évêques présents à Rome, avons remis nos postes entre les mains du Saint-Père, afin qu’il décide librement pour chacun d’entre nous », indique une déclaration lue devant la presse. Et d’ajouter : « nous voulons demander pardon pour la douleur causée aux victimes, au pape, au peuple de Dieu et à notre pays pour les graves erreurs et omissions que nous avons commises », déclarent les évêques.

Les évêques « implorent le pardon » des victimes

« Nous remercions les victimes pour leur persévérance et leur courage, malgré les énormes difficultés personnelles, spirituelles, sociales et familiales qu’ils ont dû affronter, auxquelles s’ajoutaient souvent l’incompréhension et les attaques de la communauté ecclésiale », ajoutent-ils.

« Nous implorons leur pardon et leur aide pour continuer à avancer sur le chemin de la guérison des blessures, pour qu’elles puissent se cicatriser », poursuivent les évêques.

Jeudi, le souverain pontife argentin avait annoncé des « changements » pour rétablir « la justice » au sein de l’Église chilienne.

Dans une courte lettre adressée aux 34 évêques chiliens – rencontrés à quatre reprises au Vatican entre mardi et jeudi –, le pape ne donne aucune piste sur d’éventuelles sanctions contre des prélats, dont certains sont soupçonnés d’avoir gardé le silence sur des cas d’abus sexuels.

Un échange « franc »

« Je vous remercie pour la pleine disponibilité que chacun a manifesté pour adhérer et collaborer à tous les changements et résolutions que nous devrons mettre en place à court, moyen et long termes, nécessaires pour rétablir la justice et la communion ecclésiale », écrit le pape en espagnol dans sa lettre, diffusée par le Saint-Siège.

Le pape François a évoqué un échange « franc » face « aux graves événements qui ont endommagé la communion ecclésiale et fragilisé le travail de l’Église au Chili au cours des dernières années ».

Il leur a rappelé qu’il avait dû demander « pardon » à plusieurs victimes du clergé chilien. Les prélats chiliens ont selon lui exprimé « leur ferme intention de réparer les dommages causés ».

François a conclu sa lettre en invitant les évêques chiliens à construire « une Église prophétique », « à l’écoute de l’affamé, du prisonnier, du migrant et de l’abusé ».

Avec AFP

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