A la Majorité Présidentielle (MP), on parle déjà d’une grande coalition électorale intégrant également les acteurs politiques qui participent dans le gouvernement Bruno Tshibala dans le quota de l’opposition et de la société civile.

« Le but est de créer une large coalition. Au cours de la retraite à Kingakati, il a été demandé à Joseph Kabila de rencontrer surtout les chefs des partis politiques et les députés pour arriver à la constitution d’une majorité requalifiée », a confié un ministre de la MP.

Un député proche de la MP renchérit qui a requis l’anonymat.

« Dans tous les cas, la configuration actuelle de l’échiquier politique national est appelé à disparaitre. Les enjeux ne sont plus les mêmes. Nous ne sommes pas en 2006 ou en 2011. Kabila est conscient qu’il lui faut un sérieux travail de lobbying pour renforcer son camp. Il est certain que la majorité actuelle est appelée à évoluer dans ses ambitions et dans sa configuration ».

Du côté du pouvoir, cette mobilisation est prise au sérieux. Parmi les proches de Kabila, beaucoup estiment qu’il faut rapidement répondre à l’offensive de Moise Katumbi qui a publié les noms des animateurs de ce que les membres d’Ensemble pour le changement appellent 26 « régions politiques » avec notamment des transfuges de la MP et de l’UNC. La main tendue par Félix Tshisekedi aux députés ex-UDPS n’est pas non plus passée inaperçue. Aussi, le rapprochement (ou du moins les impressions de rapprochement) constaté parmi les membres de l’opposition interpellent. Aussi, la récente déclaration politique commune Ensemble, UNC, MLC et CNB a été également perçue comme un signal à ne pas négliger.

De son côté, le PPRD conduit par Emmanuel Ramazani Shadary continue également à chauffer la base du parti présidentiel. Après Kinshasa, place à l’intérieur du pays avec l’installation des animateurs fédéraux. Entre-temps, une réunion Kabila-députés de la MP est programmée en début de cette semaine à la cité de l’Union africaine.