C’est le symbole de cette Afrique à double vitesse. Le président du Botswana, petit pays d’Afrique australe confiné entre l’Afrique du Sud, la Namibie et le Zimbabwe, quitte le pouvoir au mois de mars prochain après y être arrivé il y a 10 ans, en 2008.

Alors que l’un des pays membres les plus importants de la SADC, la RDC, traverse une violente crise politique qui inquiète toute la région, le président botswanais sortant fait ses adieux en exhortant son homologue congolais à respecter la loi, révèle la presse régionale.

En déplacement vendredi à Francistown, au Nord-Est de Gaborone, pour une cérémonie d’adieux, le chef de l’État a critiqué Joseph Kabila pour avoir reporté les élections, rapporte le site The EastAfrican.

« Amender la constitution devrait être la volonté des citoyens et non d’une personne », a conseillé M. Khama. Avant de se tourner vers les dirigeants de la région.

« Nous avons un des leaders dans la région de la SADC qui n’est pas disposé à obéir à la règle de droit. Il a retardé les élections pour son intérêt personnel, ce qui est une mauvaise chose », a déclaré le président Khama.

Petit pays mais costaud en matière de démocratie, le Botswana est l’un des États les plus stables d’Afrique et l’un des rares aussi à connaitre régulièrement l’alternance au pouvoir. Ian Khama qui quitte ses fonctions avait succédé à Festus Mogae en 2008. Dix ans plus tôt, ce dernier avait pris la place de Ketumile Masire. Un nom bien connu en Republique Démocratique du Congo.