La voilà donc: les autorités congolaises ont présenté mercredi leur « machine à voter » au centre de toutes les polémiques depuis que les États-Unis ont laissé entendre qu’elle pourrait fausser les résultats des élections prévues le 23 décembre.

« Ce n’est pas une machine à tricher » mais « une machine à simplifier » et à « réduire le coût » des élections, a proclamé d’entrée le rapporteur de la commission électorale (Céni), Jean-Pierre Kalamba, lors d’une présentation à la presse mercredi.

« Sans machine à voter, il n’y aura pas d’élections le 23 décembre 2018 », avait prévenu il y a quelques jours le président de la Céni, Corneille Nangaa.

La communauté internationale maintient la pression sur Kinshasa pour tenir ce scrutin à la date prévue et organiser le départ du président Joseph Kabila. Son deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

Impliquée dans le processus électoral congolais depuis sa visite à Kinshasa fin octobre, l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikky Haley, a dénoncé « l’insistance de la Céni à vouloir utiliser un système électronique de vote ».

Un tel recours représente « un risque colossal » et les États-Unis souhaitent le recours à « des bulletins papier pour qu’il n’y ait pas de doutes sur le résultat », a-t-elle ajouté le 12 février.

« Nikky a dit que c’était un vote électronique », mais le dépouillement reste « manuel », explique en substance M. Kalamba devant plusieurs dizaines de journalistes.

Bien avant la prise de position de l’ambassadrice américaine, l’opposition congolaise avait rejeté l’utilisation de la « machine à voter ».

A vue d’œil, la machine de toutes les polémiques se présente sous la forme d’un simple écran tactile fabriqué en Corée du Sud.

Revue de détails. A l’ouverture du bureau de vote, son président devra glisser une carte verte dans la fente de la machine à voter.

« Cette étape permet d’enregistrer l’heure d’ouverture du bureau et l’identité du président et ses assesseurs », poursuit M. Kalamba.

Étape suivante: le vote proprement dit, dans cet immense pays de 2,3 millions km2 où la commission électorale affirme avoir recensé plus de 45 millions d’électeurs.

Trois élections -présidentielle, législatives et provinciales- doivent se tenir le 23 décembre dans ce pays démesuré qui n’a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son accession à l’indépendance en 1960.

L’électeur glisse un seul bulletin dans la machine pour les trois élections. Pour chacune, la photo des candidats apparaît sur l’écran tactile. « Pour choisir votre candidat touchez sur sa photo et la machine zoome sur le candidat choisi », explique la commission électorale. Il est possible d’annuler son choix, en cas d’erreur.

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