Sur ce qu’il convient d’appeler désormais l’affaire Matata, désaveu de son doctorat par l’ex Directeur de l’École Doctorale pour non-respect de la procédure; l’Université Protestante au Congo (UPC) n’a pas tardé à réagir en désavouant le démissionnaire professeur Évariste Mabi Mulumba.

Pour le Recteur de l’UPC, la dissertation doctorale de Matata Ponyo a respecté toutes les règles académiques qui sont contenues dans le document de référence légal du gestionnaire d’un établissement d’Enseignement supérieur et universitaire.

« Du point de vue du fond et des exigences méthodologiques, il me semble que vous n’avez rien à redire sur la qualité de la thèse qui a été brillamment défendue par le doctorant.
Cependant, contrairement à vos simulacres d’arguments du point de vue procédural, je peux vous confirmer que toutes les règles académiques pour l’organisation et la défense d’une thèse de doctorat en vigueur dans notre pays et ce, conformément au Vade-mecum du gestionnaire d’un établissement d’Enseignement supérieur et universitaire en RDC, document légal de référence en la matière, ont été respectées », écrit Mgr Daniel Ngoy Bolya, dans une lettre, datée du 16 février.
D’après le Recteur de l’UPC, les critiques de Mabi Mulumba sont mues par des considérations politiciennes après qu’il eut été éconduit du Comité d’encadrement de la thèse par l’ex doctorant Augustin Matata.

Depuis, le professeur Mabi avait résolu de se venger de Matata qui pourtant avait usé de son droit légal, d’après Mgr Ngoy Bolya.

«Vous navez jamais digéré de ne plus faire partie de ce jury… c’est faute d’y parvenir que vous avez décidé de brûler la maison ? » , écrit Mgr Ngoy au prof Mabi.

Sur les arguments avancés par Mabi pour décrier la procédure, Ngoy Bolya lui répond point par point.

1. Sur la durée minimum de 3 ans à observer après le DEA/DES (diplôme d’études approfondies, diplômes d’études spéciales) pour défendre une thèse doctorale, le Recteur lui oppose que Matata a défendu la 3è année conformément au Vade-mecum (art.25, chap.9, p.180).

2. Sur la composition du jury qui comprenait des professeurs associés, le numéro 1 de l’UPC oppose à Mabi le fait que le Vade-mecum ne précise pas les grades des professeurs devant faire partie d’un jury à thèse doctorale (art.32, chap.9, p.182).
Daniel Ngoy fait remarquer que Mabi a même siéger dans un jury avec un professeur associé.
Pour le Recteur, le jury de Matata était le plus diversifié et les équilibré jamais composé avant, chose dont il se félicite.

3. Enfin, sur l’absence d’un procès-verbal sur la finalisation du doctorat par le Comité d’encadrement, D. Ngoy soutient qu’il existe bel et bien et déplore son ignorance par Évariste Mabi.

Pour rappel, Matata Ponyo avait défendu à l’UPC sa thèse de doctorat le samedi 12 février, sanctionnée par la plus haute distinction par un jury international.

Un jour après seulement, le 13 février, le Directeur de l’École Doctorale de l’UPC, le professeur Mabi décide de rendre le tablier au motif que la procédure ayant conduit à l’obtention de ce diplôme n’a pas été observée. Car ayant violé l’Arrêté ministériel du 22 décembre 2015 portant normes d’opérationnalisation des Enseignements du 3è cycle dans les Établissements d’Enseignement supérieur et universitaire en RDC.

3 jours plus tard, devant le tollé général provoqué par le pavé dans la marre jeté par Mabi, le Recteur de l’UPC brise le silence en prenant faits et causes pour le nouveau docteur en économie. Vade-mecum à l’appui.

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