Sans pitié, le PSG n’a fait qu’une bouchée de son ennemi juré dimanche soir au Vélodrome (1-5) lors de la 27e journée de Ligue 1.

Le PSG répond à Monaco et Nice

Le Paris Saint-Germain est bien le maître incontesté du Classique. Accroché à l’aller (0-0), le club de la capitale a remis la main sur le choc du championnat de France en s’imposant avec brio à Marseille en clôture de la 27e journée de Ligue 1 (1-5). Sa douzième victoire en quatorze matches (pour deux nuls) face au rival sudiste, très (trop) vite dépassé dimanche soir. Relégué au coup d’envoi à six points de l’AS Monaco, vainqueur à Guingamp samedi (1-2), et trois de l’OGC Nice, qui avait disposé de Montpellier vendredi (2-1), le PSG jouait gros dans la cité phocéenne. Il ne s’est pas loupé. Au contraire de l’OM, clairement passé à côté de son sujet. Comme souvent cette saison dans les grands rendez-vous (une seule victoire, contre Lyon, en Coupe de France). Pour son premier Classique à l’Orange Vélodrome, Frank McCourt, le nouveau propriétaire marseillais, a pu mesurer le chemin qu’il restait à parcourir pour faire de son équipe un prétendant au titre, l’objectif affiché à son arrivée. Entre son projet naissant et celui, déjà florissant (treize titres en cinq ans), de Qatar Sports Investments (QSI), il y a encore un écart conséquent. Qui a rapidement sauté aux yeux dimanche soir.

Un match à sens uniqueIl y a quatre mois, l’OM avait bétonné au Parc des Princes. Dimanche, plus fidèle à la philosophie de Rudi Garcia, le club olympien a joué pour gagner. Mais il s’est brûlé les ailes face à un PSG implacable, qui a tué le suspense en moins de vingt minutes. Sur coup de pied arrêté d’abord, Marquinhos marquant à bout portant de la tête suite à un coup franc (0-1, 6e). Puis sur un modèle d’attaque placée initiée par Verratti et conclue avec classe par Pastore et Cavani, auteur d’un subtil ballon piqué au-dessus de Pelé (0-2, 16e). Chauffé à blanc par la perspective de jouer un vilain tour aux «Parigots», le Vélodrome s’était pourtant mis sur son 31 (record d’affluence avec 65.252 spectateurs). Dans un avant-match survolté, il avait demandé à ses protégés d’avoir la «grinta» pour en finir avec cinq années de disette contre l’ennemi juré. Mais rien n’y a fait. Les Marseillais, encore une fois trop friables défensivement, ont subi l’événement. A l’heure du bilan, les quelques éclairs de Payet (15e, 30e, 75e) et la réduction du score anecdotique de Fanni sur corner (1-4, 70e) ne pèseront pas bien lourd. Emportés par un PSG sur la lancée de sa démonstration face au Barça en Ligue des champions (4-0). Face aux Catalans, la démonstration s’était arrêtée à quatre buts. Cette fois, il y en a eu cinq, Lucas (0-3, 50e), Draxler (0-4, 61e) et Matuidi (1-5, 72e) ayant enfoncé le clou dans une seconde période transformée un long chemin de croix pour l’OM et ses supporters, dont beaucoup sont partis avant la fin. Refusant d’assister à la plus lourde défaite de leur club à domicile depuis 1953 (0-4 contre Nîmes).

Lucas-Pastore, les paris gagnants d’Emery

Encensé après l’exploit contre Barcelone, Unai Emery a encore eu tout bon au Vélodrome. Ses choix de titulariser Pastore et Lucas plutôt que Draxler et Di Maria ont pourtant surpris les observateurs. Mais les faits lui ont, une nouvelle fois, donné raison. L’Argentin, qui s’est permis «un coup du foulard» en deuxième mi-temps, est impliqué sur deux buts parisiens. Un retour au premier plan remarqué pour celui qui, souvent blessé, n’avait disputé que six matches de Ligue 1 depuis le début de la saison. Quant au Brésilien, sa vitesse a mis au supplice l’arrière-garde olympienne. Et en premier lieu Evra. Capitaine en l’absence de Gomis (forfait) le plus expérimenté des Marseillais a vécu un calvaire dimanche. Un temps incertain (cuisse), l’ancien Turinois devait-il jouer ? Garcia l’a en tout cas remplacé dès la mi-temps par Bedimo. Comme un symbole d’une soirée ratée sur toute la ligne pour l’OM….

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