Il fait d’ores et déjà partie de l’élite de la NBA mais l’intérieur des Pelicans n’a encore que 23 ans et tout l’avenir devant lui. Si la franchise de New Orleans fait le nécessaire, il est parti pour régner sur la Ligue.

Le meilleur jeune intérieur en NBA ? Anthony Davis a sa petite idée sur la question : «Je vais dire que c’est moi ! Je ne pense pas qu’il y ait qui que ce soit meilleur que moi. C’est ma mentalité.» Et il pourrait bien avoir raison. Certes, la NBA regorge de jeunes intérieurs de talent, de Karl-Anthony Towns (Minnesota) à Nikola Jokic (Denver), en passant par Joel Embiid (Philadelphie), Hassan Whiteside (Miami) ou encore le Français Rudy Gobert (Utah). Mais «AD» est déjà un monstre à seulement 23 ans. Jugez plutôt : 27,7 points à 50,4% de réussite aux tirs, 11,9 rebonds, 2,2 passes décisives, 1,3 interception et 2,5 contres de moyenne cette saison, sa cinquième au sein de l’Association et chez les Pelicans de La Nouvelle Orléans. Un grand échalas (2,08m, 114kg) qui sait tout faire, qui impacte en attaque comme en défense, pas maladroit balle en main et qui s’essaie même désormais régulièrement au tir primé (30,6%/match). «Il est très en phase avec son shoot extérieur, il fait plus de tri, souligne Jacques Monclar, consultant pour beIN Sports et qui partage désormais son expertise dans le cadre du Jeu de l’entraîneur basket de Winamax (voir par ailleurs). Il a aussi plus de touché. Certes, il est un peu fragile, un peu liane, vu qu’il est très exposé, qu’il est souvent en l’air et qu’il prend de sérieux jetons. Mais c’est l’année de l’épanouissement pour lui. J’avais été frustré par sa trajectoire l’an dernier, mais il est remarquable depuis le début de la saison

«Je le vois plutôt 4 en attaque, mais il peut être embêté pour aller défendre très au large»
Jacques Monclar

«The Brow» (en référence à son mono-sourcil) navigue souvent entre les deux postes à l’intérieur, pivot et ailier fort. «Je suis plus à l’aise en 4, souligne l’intéressé, mais avec l’équipe que nous avons c’est mieux pour moi de jouer 5. Donc ça me va pour le moment, même si je préfère jouer ailier fort.» Ses patrons savent bien tout cela, et ils seraient d’ailleurs en quête d’un pivot d’ici à la date limite des trades, le 23 février. Il a notamment été question du jeune intérieur de Philadelphie Jahlil Okafor, dans une transaction qui pourrait inclure Alexis Ajinça. «Je le vois plutôt 4 en attaque, mais il peut être embêté pour aller défendre très au large parce qu’il est grand et long, avec un déplacement latéral pas forcément très rapide», juge Monclar. Une chose est sûre : sa meilleure place, c’est sur le terrain. Et les Pelicans ont d’ailleurs bâti leur équipe autour du natif de Chicago.

Une équipe qui n’a pas été épargnée par les blessures ces dernières années, et qui est encore loin de pouvoir rivaliser avec les meilleures en vue d’un hypothétique titre de champion. Un objectif que le talent qu’Anthony Davis devrait pourtant permettre de viser, à court ou moyen terme. En fait, l’intéressé devrait faire partie des candidats au titre de MVP à la fin de chaque saison pour les dix ans à venir, s’il était entouré de joueurs dignes de ses énormes qualités et qu’il faisait partie d’un cador de la Ligue nord-américaine.

Un tandem Anthony Davis-Russell Westbrook chez les Lakers ? Charge aux patrons du club de la Louisiane de faire le travail en conséquence. Ils ont le temps, «AD» étant sous contrat jusqu’en 2021 à raison de 25 millions de dollars en moyenne par saison. Mais pas trop quand même. La dernière rumeur en date, via Bleacher Report, évoquait l’idée d’une réunion de l’ancien élève de la fac du Kentucky avec Russell Westbrook chez les Lakers… «New Orleans, c’est une franchise construite autour de lui, où il a tous les tickets, rappelle Jacques Monclar. Aller aux Lakers avec Russell Westbrook ? Pourquoi pas… Mais c’est un autre jeu, une autre pression. Certains n’y résistent pas. Ça a notamment été le cas pour Dwight Howard quand il a quitté le cocon d’Orlando. Et il a mis du temps à s’en remettre… La meilleure des choses, c’est de gagner avec l’équipe qui vous a fait. Après, si vous n’en êtes pas capable, ou que vous tapez dans le mur comme Kevin Durant avec une finale de Conférence perdue (en 2016 contre les Warriors, après avoir mené 3-1, ndlr), il faut effectivement partir. Mais Anthony Davis n’en est pas encore là. Cette année est quand même encourageante. Ils sont partis de très loin, et ne sont plus si en retard que cela sur les places qualificatives pour les play-offs…» Défaits lors de leurs huit premiers matches, les «Pels» sont en effet proches de la 8e place à l’Ouest (23v-34d contre 25v-31d pour Denver, l’actuel 8e).

«Je ne prévois pas de partir, vous pouvez l’écrire noir sur blanc»

Anthony Davis

Qu’en dit Anthony Davis ? Tout ce qu’il faut dire pour rassurer ses fans à La Nouvelle Orléans. «Je ne prévois pas de partir, vous pouvez l’écrire noir sur blanc, martèle-t-il à qui veut bien l’entendre, interview après interview. Ensuite, on a juste besoin d’être en bonne santé et réguliers. Si on peut aligner tous nos joueurs et qu’on gagne en régularité, tout ira bien. Les rumeurs par rapport à Westbrook et aux Lakers ? Je n’y prête pas attention. Je ne sais pas qui a dit ça, d’où ça vient. Je suis avec les Pelicans, donc…»

Un titre de MVP devant son public au All Star Game ? L’heure n’est donc pas à un départ, c’est clair. En fait, l’heure n’est même pas à la lutte pour les play-offs ou à tout ce qui peut avoir trait à la saison régulière. La NBA est en effet passée en mode fête, en mode All Star Game. Un match des étoiles qui, comme en 2014, se déroulera justement à La Nouvelle Orléans, chez Anthony Davis, titulaire au sein de la sélection de l’Ouest aux côtés de Stephen Curry, James Harden, Kawhi Leonard et Kevin Durant. Bien sûr, «AD» entend prendre du plaisir ce dimanche sur le parquet, avant de serrer la vis dans le quatrième quart-temps. Mais en tant que régional de l’étape, il sera au cœur de toutes les attentions. Et il entend briller devant ses fans. «Je vais essayer de gagner le titre de MVP, clame-t-il sans détour. C’est à La Nouvelle Orléans, donc je vais jouer du mieux que je peux, en utilisant mes qualités. Et tenter de décrocher ce titre de MVP sera évidemment l’un de mes buts. (…) Ce sera l’occasion de prendre du plaisir, mais il y aura aussi beaucoup d’émotion. (…) Je serai plus agressif qu’en 2014.» Ça promet ! le 66e All Star Game se déroulera ce dimanche, à partir de 2 heures du matin (en direct sur beIN Sports).

Monclar dans la peau de l’entraîneur pour Winamax   
Consultant pour beIN Sports, Jacques Monclar a dit oui à Winamax et partage son expertise dans le Jeu de l’Entraîneur basket. L’ancien international tricolore (201 sél.) suit ainsi les traces de Raymond Domenech pour le JDE version football. «J’ai déjà trouvé que c’était bien pour le basket d’être le sport qui passe après le football en termes d’exposition, eplique-t-il. Et le jeu en lui-même est très sympa. Essayer de trouver des coups, suivre le calendrier, les joueurs en forme, gérer son budget… Ce que j’aime aussi, c’est de partager avec les fans, que tout le monde soit au même niveau et qu’on puisse se tromper. Il y a tellement de joueurs et de talent que tout peut arriver.» Le principe est simple : les joueurs disposent d’un budget en argent fictif pour constituer leur cinq en achetant des joueurs de différentes franchises NBA. «En ce moment j’ai tendance à souvent cibler Nikola Jokic, conseille Jacques Monclar. J’aime aussi Giannis Antetokounmpo qui est amené à en faire encore plus avec Milwaukee depuis la blessure de Jabari Parker. Après, on a forcément des joueurs fétiches. J’aime bien Devin Booker (de Phoenix). Il y a aussi Derrick Williams, qui vient d’arriver aux Cavs. Après, il y a les incontournables, comme Russell Westbrook, James Harden, Kawhi Leonard et Kevin Durant. Chez les Français ? Rudy Gobert, même si les pannes d’attaque d’Utah ne font pas du bien. Nicolas Batum est intéressant, ou Evan Fournier, qui est très actif.»
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