Le 44e Festival de bande dessinée d’Angoulême a décerné son Fauve d’or, la récompense suprême, à Paysage après la bataille, un album jusque-là plutôt confidentiel publié chez Actes Sud.

Avec notre envoyée spéciale à Angoulême,  Sophie Torlotin

Le titre du meilleur album sacré à Angoulême peut prêter à confusion. Dans Paysage après la bataille, nulle guerre destructrice ou récit spectaculaire, mais le parcours intérieur et mystérieux d’une jeune femme, Fanny, qui débarque un matin d’hiver dans un camping. On ne découvrira son secret que petit à petit, au fil de ses rencontres et de sa résilience.

Cet album des auteurs belges Eric Lambé au dessin et Philippe de Pierpont au scénario tient de l’épure. Il a conquis le romancier Mathias Enard, membre du jury. « C’est avant tout du dessin. Et c’est cela qui est absolument fascinant dans ce livre : c’est la façon dont on construit graphiquement une histoire avec une narration qui n’est pas conventionnelle, mais en même temps magnifique à suivre et qui dévoile petit à petit des choses. Un vrai suspense psychologique et aussi un très, très grand livre de littérature, une forme de littérature muette », s’emballe Mathias Enard.

Paysage après la bataille réussit en 420 pages à retranscrire en dessins économes le travail de deuil d’une mère éplorée. Le jury d’Angoulême sort de la confidentialité un tandem d’auteurs belges avant-gardistes dont c’est le quatrième album en commun. Un album ambitieux, minimaliste, empreint d’une profonde mélancolie.

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