Nigeria: la Banque centrale dénonce des attaques «anti-patriotiques»

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La Banque Centrale du Nigeria (BCN) a dénoncé vendredi 27 janvier les attaques « anti-patriotiques » qui se multiplient contre sa politique monétaire, au moment où le pays d’Afrique de l’Ouest traverse l’une des plus graves crises économiques de son histoire.

L’obstination des autorités à contrôler les taux de change, en refusant de dévaluer le naira malgré tous les indicateurs au rouge, a soulevé un déluge de critiques et d’inquiétudes chez de nombreux économistes et hommes politiques nigérians.

Le taux officiel fixe à 305 nairas pour un dollar le cours actuel de la monnaie. Mais au marché noir, il faut 490 nairas pour un dollar, signe que la monnaie nationale est surévaluée.

En raison de la chute des prix du pétrole, dont le Nigeria tire 75% de ses recettes, le pays est entré en récession. La baisse des recettes en dollars a entraîné une diminution des devises étrangères disponibles notamment pour les importateurs qui doivent payer leurs fournisseurs en billets verts.

Dévaluation de 30%

Les devises venant à manquer le cours du naira a chuté. Une tentative du gouvernement de laisser le taux de change s’établir librement a entraîné en juin dernier une dévaluation immédiate de 30%.

Depuis, les autorités tentent contre vents et marées de maintenir le rapport naira/dollar. Car les effets négatifs n’ont pas tardé à se faire sentir : renchérissement des produits importés et inflation à 18%. Une situation difficilement tenable bien longtemps même si, pour le président Muhammadu Buhari, dévaluer le naira reviendrait à le tuer.

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